Malgré leurs promesses, les banques vont toujours au charbon

La veille de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris et du Climate Finance Day, les Amis de la Terre France appellent les banques françaises à accélérer l’adoption et l’application de mesures de réduction de leurs soutiens aux énergies fossiles. Dans une note publiée aujourd’hui en partenariat avec BankTrack, Fair Finance France et la fondation polonaise Development YES - Open-Pit Mines NO, ils démontrent que non seulement les mesures déjà prises ne sont pas à la hauteur de l’urgence climatique, mais surtout qu’elles tardent à être respectées. Dans leur viseur, le premier financeur français du charbon, BNP Paribas, qui continue d’enfoncer la Pologne dans sa dépendance au charbon malgré ses engagements de 2015.

A l’occasion de l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris et du Climate Finance Day qui se tiendra demain à Casablanca, les Amis de la Terre, en partenariat avec Fair Finance France, BankTrack, et la fondation polonaise Development YES - Open-Pit Mines NO (DY-OPMN), publient une note qui dresse le bilan des actions des banques françaises dans la réduction de leurs impacts climatiques un an après la COP21 (1).

Retrouvez la note complète ici

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« Tenir les objectifs de l’Accord de Paris nécessite certes que les banques adoptent des politiques qui excluent l’industrie du charbon de leurs financements, mais aussi qu’elles les mettent en œuvre. Or, un an après la COP21, on s’aperçoit que, non seulement les mesures adoptées par les banques sont insuffisantes pour répondre à l’urgence climatique, mais surtout, qu’elles tardent à être mises en œuvre » commente Lucie Pinson, chargée de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, qui poursuit :

« La lenteur de BNP Paribas à exclure les entreprises qui développent de nouveaux projets charbon(2) en cohérence avec son engagement à ne plus soutenir celles qui ne se diversifient pas en réduisant leurs activités dans le charbon questionne même la volonté de BNP Paribas de respecter sa politique. Par exemple, comment se fait-il que BNP Paribas n’ait pas déjà exclu PGE, l’’entreprise polonaise qui produit déjà 85% de son électricité à partir de charbon mais prévoit d’orienter plus de 83% de ses nouveaux investissements dans le charbon ? N’oublions pas que BNP Paribas s’est engagée à ne plus financer directement de nouveaux projets de centrales et mines de charbon dans les pays à hauts revenus, comme la Pologne, et que continuer de le faire via des soutiens indirects est complètement hypocrite(3) ».

La note analyse en détail l’application faite par BNP Paribas - première banque française en termes de financements au charbon avec 11 milliards d’euros de soutiens à cette industrie entre 2009 et 2014(4) - des engagements adoptés en 2015 en se penchant sur un cas d’étude emblématique dans l’Union Européenne, la Pologne.

« En soutenant le plus grand producteur d'électricité qui construit de nouvelles infrastructures de charbon - dont deux mines à ciel ouvert et deux centrales à charbon - et maintient à flots le secteur minier qui s’effondre, BNP Paribas fait le jeu d’une industrie enlisée dans le passé et agit contre les communautés polonaises qui aspirent à un futur plus sain et plus propre. BNP Paribas doit écouter la population dont la majorité souhaite que les nouveaux investissements soient dirigés vers l’économie de demain, fondée sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, et doit donc exclure PGE de ses soutiens » ajoute Kuba Gogolewsk, chargé de campagne Finance à DY- OPMN.

Au-delà du cas de BNP Paribas en Pologne, les Amis de la Terre France évaluent et comparent aussi l’ensemble des mesures adoptées par les banques françaises depuis 2015 afin de réduire leurs soutiens au charbon. Le verdict est clair : malgré des avancées certaines, les banques françaises financent toujours le développement d’un secteur dont il faut sortir au plus vite pour at teindre l’objectif des 1,5°C. Elles doivent donc relever le niveau d’ambition des mesures qu’elles adoptent, accélérer leur révision, et surtout les appliquer.

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