Fair Finance France est en ligne !

lundi 30 mars 2015

Changement climatique, paradis fiscaux, commerce d’arme, transparence… Nous avons étudié cette année les politiques des principales banques françaises. Les résultats ne sont pas glorieux : aucune n’obtient la moyenne.

"Fair Finance France" est le tout nouveau site internet publié par Oxfam France. Son objectif : dénoncer le comportement irresponsable des banques et permettre aux internautes de leur envoyer directement un e-mail pour les pousser à adopter de meilleures pratiques.  

C’est sur la base de plus d’une centaine de critères que nous avons réalisé l’évaluation des politiques de crédits et d’investissements des cinq plus grandes banques françaises : les groupes Banques Populaire-Caisse d’Epargne, BNP-Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale.

L’impact de leurs politiques est évalué dans une perspective globale, à travers huit thématiques :

  • Le changement climatique
  • La fiscalité et la corruption
  • Le commerce des armes
  • Les droits humains
  • Le droit du travail
  • L’environnement
  • Les rémunérations et bonus
  • La transparence et la redevabilité

Des résultats accablants

Cette première évaluation annuelle est sans appel : aucune de ces cinq banques n’obtient la moyenne. La plupart d’entre elles, notamment la BNP-Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole, ont pourtant signé des normes et des standards internationaux et adopté d’innombrables politiques sectorielles. Mais ces engagements restent au mieux peu ambitieux, au pire très vagues.

Fair Finance France met en lumière les lacunes abyssales des politiques d’investissements des cinq banques françaises soumises à évaluation. Mais le projet va plus loin, en dénonçant également l’impact de leurs investissements réels. Des études de cas seront ainsi publiées tout au long de l’année afin de vérifier la mise en pratique effective des engagements affichés par ces banques.

"A elles seules, les cinq plus grandes banques françaises représentent 85% du marché national, gèrent un actif total de près de 8 500 milliards d’euros (4 fois le PIB de la France) et figurent dans le top 50 des plus grosses banques internationales. Afin d’éviter que ces financements soient dommageables à la société ou au changement climatique, les garde-fous sont essentiels. Or, clairement, aujourd’hui, ils sont insuffisants" explique Alexandre Naulot, responsable des questions financières à Oxfam France et coordinateur du projet Fair Finance en France.

Les premières conclusions

  • Changement climatique : encore et toujours des paroles

Les grandes banques françaises soutiennent massivement l’énergie fossile la plus polluante : le charbon. Entre 2005 et 2014, elles y ont ainsi investi plus de 30 milliards d’euros, faisant de la France son 5ème financeur mondial !

Elles affirment pourtant toutes se préoccuper de l’impact de leurs activités sur le changement climatique. Des contradictions qui ne font pas bon effet alors que la France accueille le Sommet sur le climat (COP21) en décembre.

Par ailleurs, aucune banque ne calcule les émissions de CO2 induites par les projets et les entreprises qu’elle soutient, biaisant ainsi le calcul de leur empreinte carbone. Seul le Crédit Agricole fait des efforts notables mais incomplets dans ce sens. Conséquence logique de cet "oubli" coupable : jusqu’ici aucune banque ne s’est fixé d’objectif de réduction de CO2 cohérent avec un maintien du réchauffement en dessous de 2°C.

"En cette année particulièrement cruciale pour le climat, il est temps pour les grandes banques françaises de se montrer à la hauteur des enjeux, et de prendre dès maintenant des engagements concrets et ambitieux. Elles doivent évaluer par un calcul honnête et complet les émissions de CO2 dont elles sont responsables, et mettre fin à leur soutien aux énergies les plus polluantes, à commencer par le charbon ", demande Alexandre Naulot.

  • Des banques toujours implantées dans les paradis fiscaux

Aucune de ces cinq banques n’exclut, dans ses politiques d’investissement, d’être implantée dans des paradis fiscaux. De même, aucune ne s’est clairement engagée à payer des impôts en fonction de son activité économique réelle, et non après transfert de ses bénéfices dans ces paradis fiscaux, participant ainsi au processus d’évasion fiscal. Selon la plateforme paradis fiscaux, plus d’un tiers des filiales étrangères des banques françaises sont situées dans des territoires opaques et 1/3 de leurs activités internationales sont générées dans des paradis fiscaux et judiciaires.

  • Politique de rémunération : quand l’exception devient la règle

Toutes ces banques ont un autre point commun : des bonus pouvant atteindre 200% du salaire fixe. L’exception prévue par la législation européenne - verser le double de la rémunération fixe à condition que les actionnaires donnent leur feu vert - est donc devenue la règle.

Aucune limite maximum entre les rémunérations les plus basses et celles les plus élevées n’est par ailleurs fixée. Résultats : des bonus exorbitants pour quelques uns des principaux dirigeants.

Fair Finance France : le pouvoir citoyen en action !

Si Fair Finance France vise à mettre en lumière les politiques et pratiques des principales banques françaises, l’objectif est également de vous donner les moyens d’agir. En interpellant ces banques, vous pouvez faire en sorte qu’elles prennent de réels engagements. A partir du site de Fair Finance France, envoyez directement un e-mail à votre banque afin de lui demander d’améliorer ses politiques et pratiques et de faire preuve d’une réelle responsabilité sociétale et environnementale.  Le client est roi ? Il est donc temps de faire entendre votre voix !

Infos complémentaires: 

Si Fair Finance France se concentre sur l’étude des banques françaises, le projet s’inscrit dans une perspective internationale, à travers l’initiative Fair Finance Guide International. Son objectif est de créer, dans différents pays à travers le monde, des coalitions d’associations, et à travers elles une mobilisation citoyenne internationale, poussant les banques à améliorer leurs politiques et pratiques d’investissement et de crédit.

Oxfam France lance "Fair Finance France" (www.fairfinancefrance.org), un site qui évalue les politiques de crédit et d’investissement des cinq plus grandes banques françaises. L’objectif : dénoncer le comportement irresponsable des banques et les pousser à adopter de meilleures pratiques.

Sur la base de plus d’une centaine de critères, l’association note les groupes Banque Populaire-Caisse d’Epargne, BNP-Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale [1] sur leur impact à travers huit thématiques : le changement climatique, la fiscalité et la corruption, le commerce des armes, les droits humains, le droit du travail, l’environnement, les rémunérations et bonus. Au-delà de ces thématiques, Fair Finance France analyse également le degré de transparence des principales banques françaises.

L’évaluation de l’année  est sans appel : aucune banque n’a la moyenne. Si la plupart d’entre elles, notamment, la BNP-Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole, ont signé de nombreuses normes et standards internationaux et adopté d’innombrables politiques sectorielles sur des enjeux clés, ces engagements restent au mieux peu ambitieux, au pire très vagues. 

"A elles seules, les cinq plus grande banques françaises représentent 85% du marché national, gèrent un actif total de près de 8 500 milliards d’euros (4 fois le PIB de la France) et figurent dans le top 50 des plus grosses banques internationales. Afin d’éviter que ces financements soient dommageables à la société ou au changement climatique, les garde-fous sont essentiels. Or, clairement, aujourd’hui, ils sont insuffisants", explique Alexandre Naulot, responsable des questions financières à Oxfam France et coordinateur du projet Fair Finance en France. [2]

Voici quelques exemples figurant parmi les conclusions de cette évaluation :

  • Alors que la France accueille le sommet sur le climat (COP21) en décembre 2015 et que les cinq plus grosses banques françaises affirment se préoccuper de l’impact de leurs activités sur le changement climatique, aucune ne s’interdit de financer l’énergie fossile la plus polluante, le charbon. Entre 2005 et 2014, elles ont accordé des financements à hauteur de 30 milliards d’euros au secteur du charbon, plaçant ainsi la France au rang du 5e financeur mondial du charbon. [3]
  • A l’exception du Crédit Agricole, qui fait des efforts notables mais incomplets dans le calcul de son empreinte carbone [4], aucune banque ne calcule les émissions de CO2 induites par les projets et les entreprises qu’elle soutient. Conséquence logique de cet « oubli » coupable : jusqu’ici aucune banque ne s’est fixé d’objectif de réduction de CO2 cohérent avec un maintien du réchauffement en dessous de 2°.
  • Aucune banque n’exclut d’être implantée dans les paradis fiscaux et ne s’est clairement engagée à payer des impôts en fonction de son activité économique réelle, et non après transfert de ses bénéfices dans les paradis fiscaux. [5] 
  • Toutes ces banques se permettent d’octroyer des bonus pouvant atteindre jusqu’à 200% du salaire fixe. L’exception prévue par la législation européenne - verser le double de la rémunération fixe à condition que les actionnaires donnent leur feu vert - est donc devenue la règle. Enfin, aucune ne fixe de limite maximum entre les rémunérations les plus basses et celles les plus élevées. 

Au-delà des lacunes abyssales des politiques d’investissements des cinq banques françaises soumises à cette notation, Fair Finance France dénonce également l’impact de leurs investissements réels, et produira régulièrement des études de cas afin de vérifier la mise en pratique effective des engagements des banques.

"En cette année particulièrement cruciale pour le climat, il est temps pour les grandes banques françaises de se montrer à la hauteur des enjeux, et de prendre dès maintenant des engagements concrets et ambitieux. Elles doivent évaluer par un calcul honnête et complet les émissions de CO2 dont elles sont responsables, et mettre fin à leur soutien aux énergies les plus polluantes, à commencer par le charbon" selon Alexandre Naulot.

Au-delà de la notation des banques et de la publication d’informations sur leurs investissements, Fair Finance France fournit aux citoyens des moyens d’agir pour interpeller les banques afin qu’elles prennent de réels engagements. Depuis le site www.fairfinancefrance.org, ils pourront envoyer directement un e-mail à leur banque afin de leur demander d’améliorer leur responsabilité sociétale et environnementale.

- See more at: http://www.oxfamfrance.org/communique-presse/justice-fiscale/climat-paradis-fiscaux-commerce-armes-rse-mauvaises-notes-banques#sthash.7uQVjSL8.dpuf

Oxfam France lance "Fair Finance France" (www.fairfinancefrance.org), un site qui évalue les politiques de crédit et d’investissement des cinq plus grandes banques françaises. L’objectif : dénoncer le comportement irresponsable des banques et les pousser à adopter de meilleures pratiques.

Sur la base de plus d’une centaine de critères, l’association note les groupes Banque Populaire-Caisse d’Epargne, BNP-Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale [1] sur leur impact à travers huit thématiques : le changement climatique, la fiscalité et la corruption, le commerce des armes, les droits humains, le droit du travail, l’environnement, les rémunérations et bonus. Au-delà de ces thématiques, Fair Finance France analyse également le degré de transparence des principales banques françaises.

L’évaluation de l’année  est sans appel : aucune banque n’a la moyenne. Si la plupart d’entre elles, notamment, la BNP-Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole, ont signé de nombreuses normes et standards internationaux et adopté d’innombrables politiques sectorielles sur des enjeux clés, ces engagements restent au mieux peu ambitieux, au pire très vagues. 

"A elles seules, les cinq plus grande banques françaises représentent 85% du marché national, gèrent un actif total de près de 8 500 milliards d’euros (4 fois le PIB de la France) et figurent dans le top 50 des plus grosses banques internationales. Afin d’éviter que ces financements soient dommageables à la société ou au changement climatique, les garde-fous sont essentiels. Or, clairement, aujourd’hui, ils sont insuffisants", explique Alexandre Naulot, responsable des questions financières à Oxfam France et coordinateur du projet Fair Finance en France. [2]

Voici quelques exemples figurant parmi les conclusions de cette évaluation :

  • Alors que la France accueille le sommet sur le climat (COP21) en décembre 2015 et que les cinq plus grosses banques françaises affirment se préoccuper de l’impact de leurs activités sur le changement climatique, aucune ne s’interdit de financer l’énergie fossile la plus polluante, le charbon. Entre 2005 et 2014, elles ont accordé des financements à hauteur de 30 milliards d’euros au secteur du charbon, plaçant ainsi la France au rang du 5e financeur mondial du charbon. [3]
  • A l’exception du Crédit Agricole, qui fait des efforts notables mais incomplets dans le calcul de son empreinte carbone [4], aucune banque ne calcule les émissions de CO2 induites par les projets et les entreprises qu’elle soutient. Conséquence logique de cet « oubli » coupable : jusqu’ici aucune banque ne s’est fixé d’objectif de réduction de CO2 cohérent avec un maintien du réchauffement en dessous de 2°.
  • Aucune banque n’exclut d’être implantée dans les paradis fiscaux et ne s’est clairement engagée à payer des impôts en fonction de son activité économique réelle, et non après transfert de ses bénéfices dans les paradis fiscaux. [5] 
  • Toutes ces banques se permettent d’octroyer des bonus pouvant atteindre jusqu’à 200% du salaire fixe. L’exception prévue par la législation européenne - verser le double de la rémunération fixe à condition que les actionnaires donnent leur feu vert - est donc devenue la règle. Enfin, aucune ne fixe de limite maximum entre les rémunérations les plus basses et celles les plus élevées. 

Au-delà des lacunes abyssales des politiques d’investissements des cinq banques françaises soumises à cette notation, Fair Finance France dénonce également l’impact de leurs investissements réels, et produira régulièrement des études de cas afin de vérifier la mise en pratique effective des engagements des banques.

"En cette année particulièrement cruciale pour le climat, il est temps pour les grandes banques françaises de se montrer à la hauteur des enjeux, et de prendre dès maintenant des engagements concrets et ambitieux. Elles doivent évaluer par un calcul honnête et complet les émissions de CO2 dont elles sont responsables, et mettre fin à leur soutien aux énergies les plus polluantes, à commencer par le charbon" selon Alexandre Naulot.

Au-delà de la notation des banques et de la publication d’informations sur leurs investissements, Fair Finance France fournit aux citoyens des moyens d’agir pour interpeller les banques afin qu’elles prennent de réels engagements. Depuis le site www.fairfinancefrance.org, ils pourront envoyer directement un e-mail à leur banque afin de leur demander d’améliorer leur responsabilité sociétale et environnementale.

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